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Atelier de performance animé
par :
TONY MORGAN
Artiste multimédia
Born in Pickwell, Leistershire, England. 1938
Left London for a 1680 miles walk to Rome, 1960
Artist-in-residence at Corps de Garde, Groningen, 1983
Artist-in-residence, Halles de l'Ile, Geneva, 1987
Scholarship (werkbeurs), WVC, Amsterdam, 1988
Scholarship (Studio), Maison des Arts du Grütli, Ville de
Genève, 1990-1992
Artist-in-residence, Catherine Skira, Cadaques, Spain, 1992
Scholarship, Centre de Gravure Contemporaine, Genève, 1998
Expositions personnelles, collectives et performances en Europe,
Etats-Unis, Australie depuis 1963
Réalisation de films et vidéo d'art et de livres
d'art
Oeuvres dans les collections des musées et fonds : Leeds
Museum, England; Leistershire County Council Collection, England;
Krefeld Museum, Germany; Kunstmuseum, Dusseldorf, Germany; Bonn
Museum, Germany; Lehnbruch Museum, Duisburg, Germany;
Fonds municipal d'Art Contemporain, Genève; Fonds cantonal
de décoration et d'art visuel, Genève;
Hayward Gallery, Arts Council of Great Britain; Private collections,
England, France, Italy, Germany, Suisse
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De quoi est-ce que je me souviens
?
Des ombres brûlées par le soleil, une obscurité
profonde, chacun ou chacune bougeant musicalement selon sa tâche.
Une partie dun tout, pas un tout divisé.
Je me souviens de la propreté de notre parfait petit hôtel
proche des rouleaux de locéan, le nombre surprenant
de sportifs amateurs et matinaux, le trajet vers la ville dans
notre bus, qui savançait à travers une foule
colorée, les embouteillages, la poussière et les
larges avenues périphériques avec des bandes de
500 mètres de no-mans land où tout se passe, du
match de foot à la fabrication de briques, des fragiles
huttes des sans-abris aux chevaux, vaches et chèvres cherchant
Dieu sait quoi à manger parmi les débris
La magie noire, indivisible passé et présent de
lAfrique. Jai vu une échope où il y
avait 2000 masques sculptés 30 ou 50 ans auparavant. Les
masques dAfrique, 2000 alter egos creusés dans le
bois une auto contemplation naturelle, un regard dans le
miroir qui pose léternelle question : qui suis-je
?
Pour que les étudiants des Beaux-Arts de Dakar puissent
se poser la question « qui suis-je ? » il fallait
que le contexte de la relation très hierarchisée
avec leurs professeurs de lENA soit modifié. Quelque
part, la prise en charge collective des étudiants et le
respect de ceux-ci envers leurs aînés, les privaient
de la recherche de leur propre puissance.
Dans un premier temps, nous avons travaillé avec lidée
de réaliser une bande desssinée ensemble, mais le
premier obstacle a été de trouver le concept, lhistoire.
Ceci nous a mené à effectuer une série dinterview
filmés en vidéo durant lesquels chaque étudiant
a décrit et introduit un thème pour un projet de
peinture. Evoluant de ces interviews vers une autre série
dont le thème général était «
un moment dramatique », chaque étudiant a commencé
à raconter une histoire révélant de façon
plus intime leur propre source dénergie.
Au début de latelier, nous avions fait quelques exercices
simples de mime/performance (par exemple dessiner dans lespace
avec le bout du doigt). A un certain moment, tout le groupe a
pris linitiative de faire une performance. Tout à
coup, il y avait une énergie créatrice, un désir
collectif dagir, dans lurgence, comme sil ny
avait pas de temps à perdre. Nous avons poussé lexercice
jusquà exprimer le moment présent, lurgence
de limage prenant forme à travers lactualité
dun tableau vivant. Le tableau vivant ?
Le thème principal était les désordres et
les frustrations infligés aux civils dans leur quotidien
quand des petits groupes de pression politiques imposent des guerres
non-voulues à des peuples impuissants. Comment les individus
civils peuvent-ils faire entendre leurs voix ?
Le scénario de la performance des étudiants était
basé sur un article de journal sur la guerre en Irak. Pendant
la lecture de larticle, le reste du groupe représentait
la vie quotidienne à travers des gestes symboliques (la
construction par le déplacement de lourdes pierres, la
croissance par larrosage de monticules de sable, la beauté
de la nature par loffrande de fleurs), tandis quun
étudiant, haut perché sur une grosse pierre, éternel
et infernal orateur, scandait le texte du journal à travers
lequel sexerce la manipulation politique, lachevant
par une phrase se répétant comme un disque rayé
:
Bombes à fragmentation
Bombes à fragmentation
Bombes à fragmentation
Je remercie mes étudiants pour leurs efforts, les autres
intervenants pour leurs rires et leur compagnie et Anne et Ousmane
Dia pour leur génie de lorganisation.
Visualisez des
images de la performance réalisée par les étudiants
de l'ENA... / retour
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