Les financements
du workshop émanent dAfricalia en Belgique, de
lAgence Intergouvernementale de la Francophonie, de
la Fondation Sonatel au Sénégal, de Nestlé
Sénégal.
Au total 69 personnes, dont 6 étudiants américains
(University of Missouri, St.Louis), 5 étudiants maliens
(Institut National des Arts de Bamako), 4 étudiants
sénégalais (Ecole Nationale des Arts de Dakar),
ont pris part au workshop. Venus de 16 pays (voir liste),
sexprimant à travers la peinture, la sculpture,
la vidéo, la photo, le texte, linstallation,
la performance, le dessin, ils ont investi des lieux très
divers de la ville.
Lors dune réunion initiale avec tous les artistes
à lhôtel Asta Kébé, où
tous étaient logés, les organisateurs ont énoncé
les principes du workshop : priorité à la rencontre
et à léchange avec les autres invités
et avec les tambacoundois, travail à partir des matériaux
disponibles à Tambacounda (récupérés
ou achetés), liberté dintervention ouverte
à toute la ville (avec demande dautorisation
préalable quand nécessaire), aucune production
exigée.
Un matériel de base a été fourni dès
le premier jour du workshop (peinture acrylique blanche et
couleurs, pinceaux, toile, colle). Pour le reste, les artistes
ont été invités à visiter la ville,
à faire des repérages, puis à aller chercher
le matériel avec lequel ils souhaitaient travailler
dans les commerces, au marché ou sur les emplacements
où ils avaient vu des objets récupérables.
Ce procédé leur a permis dentrer en contact
direct avec la ville (et ainsi de découvrir lemplacement
où ils allaient intervenir), ses habitants et souvent
de créer des liens avec des personnes qui ont fini
par les assister dans leur travail. Aller chercher de largile
ou de la terre de termitière en brousse, transporter
des carcasses de voitures sur des charrettes, négocier
le prix de fournitures telles que T-shirts de seconde main,
pagnes teint à lindigo, outres faites de vieilles
chambres à air de voiture servant à puiser leau,
récolter des vieux matelas mousse, des cornes et des
intestins des vaches tuées aux abattoirs, ont été
les occupations, parmi dautres, des artistes les deux
premiers jours.
Sur le plan de la rencontre et des échanges, les objectifs
sont atteints. En effet, que ce soit les commerçants
des boutiques ou des marchés, les passants, les écoliers,
un bon nombre de Tambacoundois a pu assister ou simpliquer
dans le processus de création ou dans les performances
des artistes. Les alentours de la gare, les jardins de la
Mairie, plusieurs établissements scolaires, le stade,
le marché, la rue commerçante principale (rue
Aïnina Fall), mais aussi des lieux plus isolés,
comme labattoir, ont vu les artistes proposer des interventions
de diverses natures (peintures murales, sculptures, installations,
performances, interventions sur les bâtiments). Entre
les artistes eux-mêmes, qui pour la grande majorité
ne se connaissaient pas auparavant, les rencontres ont aussi
donné lieu à des collaborations intéressantes
et leur ont permis de nouer des liens durables.
Le Complexe culturel régional
a été le théâtre dune activité
intense tout au long de léchange. En effet, sa
directrice nous a ouvert largement les portes et il est devenu
le quartier général où tous se réunissaient
pour prendre les repas de midi. Il a également abrité
les artistes qui intervenaient directement sur le bâtiment
ou dans sa cour et ceux qui préparaient une uvre
qui allait y être exposée ou être installée
ailleurs une fois achevée. De nombreux enfants lont
fréquenté durant TGD4 et ont pu peindre, modeler,
installer, jouer en compagnie des artistes.
Les objectifs que lon pouvait viser sur le plan artistique
sont également atteints. Une cinquantaine duvres
a été créée durant TGD4, dont
une vingtaine restera installée sur une longue période
dans la ville (Centre culturel, abords de la gare, rue Aïnina
Fall, stade, divers établissements scolaires, rue Kandjoura
Noba, maison de lancien adjoint du préfet) enrichissant
le patrimoine artistique de la ville. Les étudiants
maliens et les étudiants sénégalais ont
peint des fresques murales, tandis que les étudiants
américains ont réalisé des petits livres
dart sur Tambacounda à laide dun
matériel informatique emmené avec eux. Ces mêmes
étudiants sont rentrés à St.Louis avec
du matériel récolté sur place (photos,
interview dartistes, films vidéo) dans le but
déditer un cd-rom sur TGD4 et des pages pour
le site web du CAP. Ce travail sera pris en compte dans leur
cursus universitaire. Catherine Gerber, vidéaste suisse,
a suivi les artistes tout au long du projet et réalisera
un film documentaire sur lensemble des volets de TGD4.
Les 23 et 24 décembre des visites ont été
organisées pour faire le tour, guidés par les
artistes, de tous les lieux dintervention. La visite
du 24 sest terminée par une fête à
lHotel Asta Kébé.
Des relations entamées entre les artistes à
Tambacounda ont donné lieu immédiatement à
dautres formes déchanges puisque certains
se sont rejoints en Casamance ou à Dakar pour poursuivre
une collaboration artistique dans la foulée de TGD4.
Tous les invités ont quitté Tambacounda le 25
décembre en exprimant leur satisfaction quant à
lopportunité qui leur a été offerte
de découvrir cette région du Sénégal
(que bon nombre de Dakarois navaient eux-mêmes
jamais visitée!), déchanger sur un plan
humain et artistique avec leurs pairs de 16 pays (la majorité
dentre eux navaient jamais eu accès à
un contexte multiculturel aussi large) et leur plaisir davoir
été de laventure. Pour les artistes Tambacoundois
cette ouverture a également été dun
grand bénéfice, donnant une visibilité
et une reconnaissance à leur pratique artistique.