Lorédane
STRASCHNOV
"Le
thème "Femme et Autorité", proposé
aussi aux jeunes de la Seymaz, leur a permis, je pense de s'interroger
personnellement et collectivement sur leur position face à
une question de société. L'atelier que je leur dédiai
en particulier, leur suggérait de mettre en forme leurs
idées, leurs sentiments ou ressentiments, et parfois même
la conception ou concept qu'il se décidait d'approfondir.
En 2 jours, l'évolution du positionnement devait leur permettre
de se confronter eux-mêmes en partageant un point de vue
à l'échelle d'un groupe contextualisé, dans
une école, un pays, une histoire, une société...
Concrètement, dès la première matinée,
il leur était demandé de s'attarder à mettre
en mots, en signes, en équations, en cartes, ou tout aure
moyen de formulation, leurs idées, ressentiments, conceptions,
exemples, etc.. Certes des décalages de concentrations,
des engouements "hors-sujet", des chamailleries d'affinités
ponctuèrent goulûment les fondations du programme,
les mêmes qui parasiteraient quelques heures après
leur force ou objectif de conception. "Utiliser l'accident!",
disait Francis Bacon! ... Déconstruire pour se forger une
opinion. Les matériaux leur étaient octroyés
successivement, afin qu'ils découvrent eux-mêmes
leurs potentiels et qu'ils les utilisent au service de leur réalisation:
approfondir et vérifier leur propre conception. Peu à
peu, des groupes de 3 ou 4 se sont mis en place, fonction des
liens possibles. Correspondances, confrontations, remises en cause,
d'eux et parfois guidés, chacun trouvait sa place, une
place dans un débat d'idées. L'intérêt
d'en passer par les 3 dimensions de l'installation sculpturale
résidait dans la création et le déplacement
du point de vue lui-même. Tourner autour du sujet, l'observer,
l'appréhender sous ses multiples facettes. Comprendre que
l'image historique est active au même titre qu'un dialogue,
qu'une idée ou qu'une illusion. Et qu'il est bon, au sein
d'un groupe, de connaître sa position. L'installation finale
rassemblait en un lieu et un moment crucial (le renfort d'étais
en X entre les piliers du bâtiment. RDC) l'ensemble des
travaux: associer, créer, soulever, voiler des phrases,
des transitions, des heurts, des ponctuations, entre les différentes
idées et formes d'expression. L'atelier aurait pu durer
1 jour de plus. Mais ce temps en condensé nous a permis
à tous, élèves, enseignants et artistes de
se risquer sur des terres inconnues, en fermant les yeux, parfois...
Ce qui rend la chose d'autant plus intéressante...!"
(LS)